Un roman d’Ann Patchett
C’est la nuit, la neige recouvre Boston d’un linceul glacé, et Tennessee, sous les draps blancs de son lit d’hôpital, navigue entre la vie et la mort. Alors qu’elle sortait d’une conférence de Jesse Jackson, elle s’était précipitée sur une voiture qui fonçait sur Tip et l’avait poussé sur le côté avant de prendre le véhicule de plein fouet. A ce moment, Tip ne savait pas encore que la femme noire qui venait de le sauver et qui gisait devant lui était sa mère. Que depuis vingt ans, elle n’avait cessé de veiller sur son frère et lui. Qu’elle vivait à deux pas de chez eux, dans un quartier pauvre, quand Tip et Teddy, les deux enfants noirs adoptés par Bernard Doyle, le maire de la Boston, grandissaient dans l’opulence d’une riche demeure patricienne. Et que la petite fille en larmes au bord du trottoir, la fillette aux allures de gazelle qui serrait contre elle le manteau déchiré de sa mère, était sa petite sœur. Le temps d’une nuit, le temps d’un jour, le temps d’un roman, les liens du sang viennent défier les liens du cœur. Toute en émotion et en retenue, Ann Patchett recompose une famille sous nos yeux. Elle livre, par la même occasion, une réflexion pleine de justesse et d’empathie sur ce que signifie être noir aux Etats-Unis, aujourd’hui.
Ann Patchett vit à Nashville, dans le Tennessee. Elle est l’auteur de cinq romans, dont Bel Canto (Rivages, 2002), qui lui a valu le PEN/Faulkner Award.
Roman traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie-Odile Fortier-Masek
Avril 2010 – 22 € – 272 p. – 14,5 x 22,5 – ISBN 978-2742790180